Découpe ton histoire et jettes les pages noires. Complais toi, focalise sur ce qu'il te reste. Mâché et remâché le goût est tellement plus digeste. Garder la tête froide, ne pas se faire mal au bide. Comme si son passé ne comptait pas, comme s'il valait mieux être vide. Histoire sans trame et trous de mémoire. Nie les traces, néglige ta trajectoire. Accélère vers ces glissières sécuritaires où tes ancêtres se sont pétés les dents. Rigole du noir et blanc. Fous-toi de ces voix qui ont crié avant. Fous-toi d'elles et fous-toi de moi. Marre-toi grassement. Feinte de corps et d'esprit : ignorer d'où tu viens ou simuler l'oubli. Retourne ta veste, remplis tes poches et sue la peur. Réduis tes choix, chausse leurs ½illères et pense à droite. Tourne ta page sans l'avoir lue. Ferme les yeux, tout est noir. Ton royaume s'effondre. Tes racines négligées te prennent à la gorge. Tu suffoques l'air de ta propre trahison qui te maintient en vie dans ton existence d'apparat. Elles t'étranglent, comme un rappel à l'ordre, comme un « rappel toi c'est de là que tu viens ». Tu les ignores, le goût du sang, tu les écoutes, tu grandis. Ouvre les yeux maintenant.
(texte du groupe abhora)



